Plan des statuts - 11 titres, 45 articles
La rédaction des statuts d'une SAS suit un plan structuré en 11 titres. Chaque titre traite d'un aspect essentiel de la vie de la société - des actionnaires à la dissolution. Le plan ci-dessous constitue le squelette de référence.
Plan complet
Le préambule - clause essentielle pour la validité des statuts
Le préambule doit exposer les motivations économiques et juridiques qui guident la rédaction des statuts. C'est la clause qui protège l'ensemble des dispositions statutaires - en particulier les clauses d'inégalité, d'inaliénabilité et d'exclusion - contre toute remise en cause ultérieure.
Exemple de clause. « Les statuts de la Société visent à organiser la gouvernance, de façon à lever la réticence du dirigeant à transmettre la majeure partie du capital de la société aux enfants et favoriser ainsi la pérennité du caractère familial de l'entreprise. »
Titre I - Les actionnaires
L'article 1 définit qui sont les actionnaires - personnes physiques, personnes morales, groupes d'actionnaires. Il peut prévoir des catégories spécifiques :
Associé fondateur
Qualité non transmissible. Pouvoirs renforcés (gouvernance irréductible). La qualité d'Associé Fondateur peut être irrévocable - la nomination ou révocation est organisée par les statuts.
Groupes d'actionnaires
Permet d'individualiser les intérêts de chaque branche familiale, d'organiser la répartition des pouvoirs entre groupes, et d'attribuer l'autonomie décisionnelle à chaque groupe sur ses droits financiers.
Démembrement - nu-propriétaire et usufruitier
Le nu-propriétaire a la qualité d'associé - l'usufruitier ne l'a pas. Cette règle est constante en jurisprudence.
L'usufruitier peut provoquer une délibération des associés sur une question susceptible d'avoir une incidence directe sur son droit de jouissance.
Les statuts doivent organiser précisément la répartition des droits de vote entre usufruitier et nu-propriétaire pour chaque catégorie d'actions - et prévoir l'attribution du dividende entre eux.
Enfant mineur associé - JAF ou accord parental ?
La donation d'actions à un enfant mineur est fréquente - elle est valide. Mais les actes portant sur ces actions (vente, apport, vote sur certaines décisions) peuvent nécessiter l'autorisation du juge aux affaires familiales (JAF).
Actes nécessitant l'autorisation du JAF
- Vente ou apport d'actions appartenant à l'enfant mineur (C. civ. 387-1, 8°)
- Vote sur : modification des statuts, fusion, scission, augmentation/réduction de capital, agrément d'un associé, vente d'un actif immobilisé
Comment éviter l'intervention du JAF
- L'acte relevant d'une disposition statutaire de la SAS (clause de préemption, rachat forcé, prix imposé)
- Les actions sont détenues indirectement via une holding en parts sociales (société civile, SARL) - pas via des actions de SAS directement
- La donation a exclu l'administration légale et nommé un tiers administrateur (C. civ. 384)
Donation de titres propres : pas d'accord du conjoint, mais acceptation de l'autre parent si acte notarié. Le don manuel échappe au formalisme de l'acceptation.